Que vous passiez par un fournisseur de systèmes de sécurité spécialisé ou par un prestataire de services managés, cet article vous donne une vision complète : les avantages concrets, les limites à connaître, les cas où cela ne convient pas, et les étapes pour réussir votre transition.
Pourquoi externaliser sa sécurité ?
Avant de lister les bénéfices, il est essentiel de poser la bonne question : dans quel objectif externalisez-vous ? C’est souvent là que les projets échouent, non pas par manque de prestataires compétents, mais par manque de clarté sur les résultats attendus.
Les motivations les plus fréquentes sont :
- Réduire les coûts liés à la sécurité sans sacrifier la qualité
- Accéder à une expertise spécialisée difficile à recruter en interne
- Se conformer aux réglementations (RGPD, normes ISO, obligations sectorielles)
- Gagner en flexibilité pour absorber les pics d’activité ou les évolutions organisationnelles
- Se concentrer sur son cœur de métier en déléguant une fonction support
Ces motivations ne sont pas exclusives, elles se combinent souvent. Mais les identifier dès le départ vous permettra de choisir le bon prestataire, de rédiger un cahier des charges pertinent et de mesurer le retour sur investissement de façon objective.
Les 5 avantages clés de l’externalisation de la sécurité

1. Une maîtrise réelle des coûts
C’est l’argument le plus cité, et pour cause : il est concret et immédiatement mesurable. Externaliser sa sécurité transforme une charge variable et imprévisible en un budget fixe et maîtrisé.
En interne, les coûts de sécurité comprennent les salaires, les charges sociales, la formation continue, le matériel, les certifications, le remplacement en cas d’absence et les coûts cachés du recrutement. Un prestataire externe mutualise ces coûts entre plusieurs clients, ce qui lui permet de proposer un niveau de service supérieur à un coût unitaire inférieur.
En pratique, les entreprises qui externalisent leur sécurité constatent en moyenne une réduction de 20 à 30 % de leurs coûts opérationnels liés à cette fonction, selon les secteurs d’activité.
À cela s’ajoute un avantage comptable non négligeable : les dépenses passent de l’investissement (CAPEX) à la charge d’exploitation (OPEX), ce qui améliore la lisibilité financière et allège le bilan.
2. L’accès à une expertise de haut niveau, immédiatement opérationnelle
Recruter un expert en cybersécurité, un responsable SSE ou un spécialiste HSE qualifié est aujourd’hui l’un des défis RH les plus complexes pour les entreprises, quelle que soit leur taille. Les profils sont rares, les salaires élevés, et la formation initiale ne suffit plus face à l’évolution rapide des menaces.
En externalisant, vous accédez instantanément à :
- Des équipes certifiées (ISO 27001, CISSM, SSIAP, etc.) maintenues à jour
- Des outils professionnels de dernière génération, sans investissement propre
- Une veille réglementaire et technologique permanente assurée par le prestataire
- Une capacité de montée en charge rapide sans recrutement d’urgence
C’est particulièrement stratégique dans les domaines où les compétences évoluent vite, comme la cybersécurité ou la conformité RGPD, où une équipe interne peut rapidement se retrouver dépassée.
3. Une flexibilité et une réactivité accrues
L’un des freins les plus sous-estimés de la gestion interne de la sécurité est sa rigidité structurelle. Un effectif dédié implique des contrats, des plannings, des obligations légales à l’embauche comme au départ. En cas de pic d’activité, d’événement exceptionnel ou de crise, il est très difficile de s’adapter rapidement.
Un prestataire externalisé, lui, est dimensionné pour répondre à ces fluctuations. Il peut :
| Situation | Réponse interne | Réponse externalisée |
|---|---|---|
| Pic d’activité saisonnier | Heures supplémentaires, intérim coûteux | Renfort immédiat prévu contractuellement |
| Incident de sécurité majeur | Mobilisation limitée aux ressources disponibles | Cellule de crise activée sous SLA garanti |
| Évolution réglementaire | Formation à organiser, délais longs | Mise à jour des process incluse dans la prestation |
| Départ d’un expert clé | Rupture de compétence, recrutement long | Continuité de service assurée par le prestataire |
Cette flexibilité est particulièrement précieuse pour les PME et ETI, qui n’ont pas la surface financière pour maintenir une équipe sécurité complète à temps plein.
4. Un recentrage sur le cœur de métier
La sécurité est une fonction support, importante, mais pas génératrice de valeur directe pour la plupart des entreprises. Chaque heure qu’un dirigeant, un DSI ou un responsable RH consacre à gérer des problèmes de sécurité est une heure de moins consacrée à la croissance, à l’innovation ou à la relation client.
Externaliser, c’est aussi un choix managérial : celui de concentrer l’énergie et les talents internes là où ils créent le plus de valeur.
Ce recentrage se traduit concrètement par :
- Moins de réunions de coordination sur des sujets opérationnels de sécurité
- Moins de temps consacré au suivi des formations et des certifications
- Moins d’exposition aux contraintes réglementaires directes
- Plus de bande passante pour les projets stratégiques
5. Une conformité réglementaire plus robuste
La pression réglementaire sur les entreprises ne fait que s’intensifier. RGPD, directive NIS2, normes ISO, obligations sectorielles (banque, santé, industrie) : le non-respect de ces cadres expose les organisations à des sanctions financières lourdes, mais aussi à des risques réputationnels potentiellement dévastateurs.
Un prestataire spécialisé intègre cette dimension réglementaire dans sa prestation par défaut. Il assure :
- Un audit de conformité initial pour identifier les écarts
- Une mise en conformité progressive et documentée
- Un suivi continu des évolutions légales et normatives
- La production de rapports et de preuves exploitables en cas de contrôle
Pour les entreprises qui traitent des données sensibles ou qui opèrent dans des secteurs réglementés, cet avantage seul peut justifier la décision d’externaliser.
Les limites à connaître avant de se lancer
Externaliser sa sécurité n’est pas une décision sans nuances. Une analyse honnête implique d’en voir aussi les contraintes, pour prendre une décision éclairée plutôt qu’une décision par défaut.
La perte de contrôle perçue et comment la gérer
C’est l’objection la plus fréquente. Confier une fonction aussi sensible que la sécurité à un tiers crée une forme de dépendance qui peut être inconfortable. La réponse à cette objection tient en grande partie dans la qualité du contrat (SLA, indicateurs de performance, clauses de réversibilité) et dans la gouvernance mise en place (comités de suivi, reporting régulier, accès aux données).
La confidentialité des informations sensibles
Externaliser implique de partager des informations stratégiques avec un prestataire externe. C’est un risque réel, qui doit être encadré par des accords de confidentialité solides (NDA), des audits de sécurité du prestataire lui-même, et une réflexion préalable sur ce qui peut être externalisé et ce qui doit rester en interne.
Les cas où l’externalisation n’est pas recommandée
Il existe des situations où externaliser n’est pas la meilleure option :
- Quand la sécurité est au cœur du modèle économique (ex : une entreprise de cybersécurité elle-même)
- Quand les contraintes réglementaires imposent un contrôle interne (certains secteurs de défense ou de renseignement)
- Quand l’entreprise n’a pas la maturité organisationnelle pour piloter un prestataire externe de façon efficace
Comment réussir l’externalisation de sa sécurité : les étapes clés
Décider d’externaliser est une chose. Réussir la transition en est une autre. Voici les étapes structurantes d’un projet d’externalisation bien mené.
Étape 1 : Cartographier ses besoins réels Avant tout appel d’offres, réalisez un audit interne : quelles fonctions sécurité avez-vous aujourd’hui ? Lesquelles sont critiques ? Lesquelles sont sous-traitées de façon informelle ? Cette cartographie est la base de votre cahier des charges.
Étape 2 : Définir les objectifs et les indicateurs de succès Un projet d’externalisation sans KPIs est un projet sans cap. Définissez dès le départ : taux de disponibilité attendu, délais d’intervention, indicateurs de conformité, fréquence de reporting, etc.
Étape 3 : Sélectionner le bon prestataire Ne choisissez pas uniquement sur le prix. Évaluez les certifications, les références sectorielles, la solidité financière, la capacité à monter en charge, et, point souvent négligé, la qualité de la relation client à long terme.
Étape 4 : Structurer le contrat Le contrat est votre principale protection. Il doit inclure des SLA précis, des pénalités en cas de non-respect, des clauses de réversibilité claires et un cadre de gestion des incidents.
Étape 5 : Piloter la relation prestataire L’externalisation ne signifie pas l’abandon. Désignez un référent interne (RSSI, responsable sécurité, DRH selon le domaine) chargé de piloter la relation, d’analyser les reportings et d’escalader les problèmes. La qualité de cette gouvernance est souvent le facteur différenciant entre un projet réussi et un échec.
Sécurité physique ou cybersécurité : des enjeux différents, une logique commune
Il est important de distinguer deux grandes familles d’externalisation de la sécurité, qui répondent à des besoins distincts.
La sécurité physique (gardiennage, contrôle d’accès, télésurveillance, SSIAP) est souvent la première à être externalisée, car elle nécessite des ressources humaines importantes et une présence continue difficile à assurer en interne. Dans les environnements industriels, cette dimension prend une importance particulière avec la sécurité en manutention industrielle, qui exige des équipements spécifiques, une formation pointue des opérateurs et une surveillance continue des procédures pour prévenir les accidents. L’externalisation permet d’accéder à une expertise technique spécialisée et à des équipements de protection individuelle conformes aux dernières normes.
La cybersécurité et la sécurité des données (SOC externalisé, RSSI de transition, conformité RGPD, réponse aux incidents) est un marché en forte croissance, porté par la sophistication croissante des cyberattaques et les exigences réglementaires comme la directive NIS2.
Les fonctions HSE/QSE/SSE représentent un troisième segment, où l’externalisation répond surtout à des enjeux de conformité réglementaire et de gestion des risques professionnels.
Dans les trois cas, la logique de fond est identique : accéder à une expertise spécialisée, maîtriser les coûts et se concentrer sur son activité principale.
Ce que les autres ne vous disent pas : les questions à poser à votre futur prestataire
Pour aller au-delà des brochures commerciales, voici les questions qui révèlent réellement la qualité d’un prestataire :
- Comment gérez-vous une situation de crise à 3h du matin un week-end ?
- Quelle est votre politique en cas de défaillance d’un sous-traitant ?
- Comment assurez-vous la continuité de service en cas de turnover de vos propres équipes ?
- Pouvez-vous fournir des références dans mon secteur d’activité spécifique ?
- Quelles clauses de réversibilité proposez-vous si nous souhaitons reprendre la fonction en interne ?
Les réponses à ces questions en disent souvent plus long que n’importe quelle certification affichée.
Conclusion : externaliser, oui, mais avec méthode
Externaliser sa sécurité est une décision stratégique, pas un simple arbitrage comptable. Bien menée, elle permet de réduire les coûts, d’accéder à une expertise de pointe, de gagner en flexibilité et de renforcer sa conformité réglementaire. Mal préparée, elle peut générer des risques supplémentaires et une perte de maîtrise préjudiciable.
La clé est dans la préparation : clarifier ses objectifs, choisir le bon partenaire, structurer un contrat solide et maintenir une gouvernance active. Ce n’est pas une délégation totale, c’est un partenariat structuré, dans lequel chaque partie connaît précisément son rôle et ses responsabilités.
Si vous êtes en train d’évaluer cette option pour votre organisation, commencez par la question fondamentale : qu’est-ce que je cherche vraiment à améliorer ? La réponse vous indiquera si, et comment, l’externalisation est la bonne réponse pour vous.








