Les chariots élévateurs électriques sont devenus incontournables dans les entrepôts et les plateformes logistiques. Appréciés pour leur fonctionnement silencieux, leurs performances et l’absence d’émissions directes à l’échappement, ils accompagnent la modernisation des activités de manutention.
Cependant, leur utilisation soulève une question essentielle : comment prévenir les risques d’incendie liés aux batteries et aux opérations de recharge ?
Entre les risques d’emballement thermique des batteries lithium-ion, les dégagements d’hydrogène des batteries au plomb et la présence de marchandises combustibles, les responsables logistiques doivent mettre en place des mesures de prévention adaptées.
Faire auditer sa protection incendie par un bureau d’études indépendant
Les entrepôts équipés de chariots élévateurs électriques doivent maîtriser les risques d’incendie liés à la recharge des batteries et au stockage des marchandises. Un audit de la protection existante permet d’identifier les éventuelles failles avant qu’un sinistre ne survienne.
Pour cela, les exploitants peuvent faire appel à un bureau d’études spécialisé en protection incendie. SPK Engineering est un bureau d’études indépendant composé d’ingénieurs et de techniciens experts. L’entreprise intervient notamment dans les secteurs de l’industrie, de la logistique, de l’énergie et des établissements recevant du public. Elle réalise des analyses de risques, des audits et des diagnostics, et accompagne les projets de protection incendie, de l’assistance à maîtrise d’ouvrage jusqu’à la réception des travaux.
Quels éléments sont examinés lors d’un audit incendie ?
Un audit de protection incendie permet d’évaluer les installations existantes et d’identifier les améliorations nécessaires.
L’analyse porte généralement sur plusieurs points :
- Les zones de recharge : emplacement, ventilation, séparation avec les marchandises et sécurité électrique.
- Les batteries : technologies utilisées, conditions de stockage et procédures de maintenance.
- Les systèmes de détection : pertinence des détecteurs de fumée, de chaleur ou de gaz.
- Les moyens d’extinction : adéquation des équipements avec les scénarios d’incendie identifiés.
- L’organisation interne : formation du personnel, procédures d’urgence et conditions d’évacuation.
Cette démarche permet de hiérarchiser les actions correctives et d’adapter les investissements aux risques réels de l’établissement.
Quels sont les risques d’incendie des batteries de chariots élévateurs ?
Les batteries constituent l’un des principaux points de vigilance dans l’exploitation des chariots électriques. Les dangers varient sensiblement selon leur technologie.
Batteries lithium-ion : le risque d’emballement thermique
Les batteries lithium-ion offrent plusieurs avantages : recharge rapide, bonne efficacité énergétique et entretien généralement limité.
Leur principal risque spécifique est l’emballement thermique. Ce phénomène survient lorsqu’une cellule subit une élévation incontrôlée de température, susceptible de provoquer une réaction en chaîne au sein du module.
Plusieurs situations peuvent favoriser cette défaillance :
- Un choc mécanique endommageant les cellules.
- Une surcharge ou une anomalie du système électronique de gestion.
- Une exposition prolongée à des températures excessives.
- Un défaut interne ou une détérioration de la batterie.
L’emballement thermique peut entraîner un dégagement de gaz inflammables, des fumées dangereuses et un incendie difficile à maîtriser.
Une batterie apparemment éteinte peut également présenter un risque de reprise thermique, nécessitant une surveillance adaptée après l’incident.
Batteries au plomb : attention aux dégagements d’hydrogène
Les batteries plomb-acide restent présentes dans de nombreux entrepôts, notamment sur les chariots élévateurs traditionnels.
Pendant la recharge, certaines batteries au plomb peuvent libérer de l’hydrogène. Ce gaz inflammable présente un risque d’explosion lorsqu’il s’accumule dans une atmosphère insuffisamment ventilée et rencontre une source d’inflammation.
D’autres dangers doivent être pris en compte, notamment les courts-circuits, les échauffements électriques et les projections d’électrolyte acide.
La prévention repose principalement sur une ventilation dimensionnée, des installations électriques sécurisées et des opérations de maintenance régulières.
Comment aménager une zone de recharge sécurisée dans un entrepôt ?
Une zone de recharge mal organisée peut augmenter les conséquences d’un incident électrique ou thermique.
Son implantation doit donc être étudiée en tenant compte des caractéristiques du bâtiment, des flux de circulation et des marchandises stockées.
Séparer les batteries des matériaux combustibles
La proximité entre les chargeurs et les palettes, cartons, emballages plastiques ou produits inflammables peut favoriser la propagation d’un départ de feu.
Plusieurs mesures permettent de limiter cette exposition :
- Délimiter clairement les espaces réservés à la recharge.
- Maintenir les matériaux combustibles à une distance de sécurité adaptée.
- Protéger les chargeurs et les installations contre les collisions.
- Préserver les accès aux équipements de secours.
- Utiliser exclusivement des chargeurs compatibles avec les batteries.
Selon les risques identifiés, un local spécifique ou une séparation coupe-feu peut être nécessaire.
Assurer une ventilation adaptée
Pour les batteries au plomb, la ventilation contribue à éviter l’accumulation d’hydrogène.
Son dimensionnement doit prendre en compte le nombre de batteries, leur capacité, les caractéristiques des chargeurs et les conditions de fonctionnement.
Concernant les batteries lithium-ion, la ventilation générale ne suffit pas à prévenir un emballement thermique. Les dispositifs de sécurité doivent être définis à partir d’une analyse des scénarios d’incident.
Quels systèmes de détection et d’extinction privilégier ?
Une protection incendie efficace repose sur la combinaison de plusieurs dispositifs complémentaires.
Détecter rapidement les premiers signes d’incendie
La détection précoce permet de déclencher une alerte avant qu’un incident ne se propage aux marchandises et aux autres équipements.
Selon la configuration de l’entrepôt, plusieurs solutions peuvent être envisagées :
- Détecteurs de fumée : identification précoce de certains départs de feu.
- Détecteurs thermiques : surveillance des élévations anormales de température.
- Détecteurs d’hydrogène : surveillance des atmosphères présentant un risque d’accumulation de gaz.
- Systèmes de supervision des batteries : remontée des anomalies détectées par les équipements électroniques.
Ces dispositifs doivent être choisis selon les caractéristiques des installations et les risques identifiés.
Adapter les moyens d’extinction aux batteries
Les systèmes sprinklers peuvent contribuer à contrôler un incendie dans un entrepôt et à limiter sa propagation aux marchandises.
Toutefois, les incendies impliquant des batteries lithium-ion présentent des particularités importantes.
L’extinction des flammes visibles ne garantit pas nécessairement l’arrêt des réactions thermiques internes. Le refroidissement, la limitation de la propagation et la surveillance après intervention peuvent donc être déterminants.
Le choix des moyens d’extinction doit faire l’objet d’une étude spécifique, en tenant compte des recommandations des fabricants et des exigences applicables au site.
Maintenance et formation : deux leviers essentiels de prévention
La sécurité incendie dépend également des pratiques quotidiennes des équipes.
Un chariot élévateur présentant une anomalie électrique ou une batterie endommagée ne doit pas être remis en service sans contrôle approprié.
Mettre en place une maintenance préventive
Les opérations de maintenance doivent notamment comprendre :
- Le contrôle de l’état général des batteries.
- La vérification des câbles, connecteurs et chargeurs.
- La recherche de traces d’échauffement ou de détérioration.
- Le respect des recommandations des fabricants.
- Le suivi des anomalies et des interventions réalisées.
Ces contrôles permettent d’identifier certaines défaillances avant qu’elles ne provoquent un incident.
Former les opérateurs aux situations d’urgence
Les conducteurs et les équipes de maintenance doivent savoir reconnaître les principaux signaux d’alerte : fumée, odeur inhabituelle, échauffement anormal, déformation d’une batterie ou message de défaut.
Les procédures internes doivent préciser les modalités d’alerte, de mise en sécurité et d’évacuation.
En présence d’une batterie susceptible de subir un emballement thermique, les salariés ne doivent pas tenter une intervention dangereuse. La priorité reste la protection des personnes et l’alerte des secours.
Quelles obligations réglementaires pour les entrepôts logistiques ?
En France, l’employeur doit évaluer les risques professionnels et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des salariés.
Les risques liés aux batteries et aux zones de recharge doivent notamment être pris en compte dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP).
Certains entrepôts sont également soumis à la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), en fonction de leurs activités et des caractéristiques des installations.
Les prescriptions applicables peuvent concerner la prévention incendie, la ventilation, les installations électriques ou les moyens d’intervention.
Une analyse réglementaire adaptée à chaque établissement reste indispensable.
Anticiper le risque incendie pour sécuriser son activité logistique
Le développement des chariots élévateurs électriques représente une évolution importante pour les professionnels de la manutention. Toutefois, les batteries lithium-ion et plomb-acide imposent des précautions spécifiques.
Une prévention efficace repose sur trois piliers : des zones de recharge correctement aménagées, des équipements de protection incendie adaptés et des équipes formées aux risques.
Pour les responsables logistiques et QHSE, l’enjeu dépasse la seule conformité réglementaire. Il s’agit également de protéger les collaborateurs, les marchandises et la continuité de l’exploitation.
Vous souhaitez renforcer la sécurité incendie de votre entrepôt ? Faire réaliser un audit technique indépendant constitue une première étape pertinente pour identifier les vulnérabilités de vos installations et définir un plan d’amélioration adapté à votre activité.








